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Réduire les GES : une solution à portée de main

22 octobre 2020

Réduction des GES

La première étape dans la course à la réduction des émissions de GES, la plus cruciale, est la réduction de la consommation d’énergie par la mise en place de mesures en efficacité énergétique. Mais une fois l’optimisation énergétique complétée, il est possible de faire un pas de plus en substituant en tout ou en partie sa consommation de gaz naturel par du gaz naturel renouvelable (GNR).

Il s’agit d’une avenue très attrayante car elle ne nécessite aucun investissement au niveau des systèmes et est complètement transparente pour les équipements en place. La consommation de GNR constitue donc une approche peu dispendieuse pouvant contribuer significativement, après l’efficacité énergétique, à la lutte aux changements climatiques.

Du GNR?

Le gaz naturel renouvelable, ou GNR, est à toutes fins pratiques identique au gaz naturel conventionnel, à la différence que le principal gaz qui le compose, soit le méthane, est issu de source renouvelable plutôt que fossile. Cette différence trouve son explication dans la durée du cycle du carbone contenu dans le gaz naturel. On dit que le gaz naturel est renouvelable lorsqu’il est produit dans un laps de temps court, allant de quelques secondes à quelques années.

Prenons l‘exemple d‘un cœur de pomme : s‘il se décompose naturellement, il émet du carbone dans l‘atmosphère. Ce carbone n’a pas d’impact sur le réchauffement climatique puisqu‘il est utilisé par les végétaux lors de la photosynthèse. Quand on récupère ce même cœur de pomme avant sa décomposition pour en faire du gaz naturel renouvelable, on capte le carbone qu‘il rejette avant qu‘il n‘atteigne l‘atmosphère. Et lorsque le GNR est consommé (disons pour chauffer un bâtiment), le carbone dégagé est équivalent à celui qui aurait été émis si le cœur de pomme s‘était décomposé naturellement. Voilà pourquoi on dit que le gaz naturel est renouvelable ou carboneutre.

La méthode utilisée aujourd’hui pour la production du GNR est la digestion anaérobie, soit la dégradation naturelle de la matière organique sans présence d’oxygène (air). La matière se dégrade alors en produisant du biogaz et un résidu fertilisant que l’on appelle digestat. Le biogaz est par la suite purifié pour en faire du GNR dont les propriétés sont identiques à celles du gaz naturel de source conventionnelle. En présence d’oxygène la matière organique se dégradera aussi mais en produisant dans ce cas du CO2 et du compost. Digestat et compost peuvent tous les deux être utilisés comme fertilisants.

La digestion anaérobie permet de produire du GNR que l’on dit de première génération, en utilisant résidus alimentaires, boues d’épuration des eaux usées et résidus générés par les activités industrielles, agroalimentaires et d’élevage. Afin de produire de plus grandes quantités de GNR sans bien entendu favoriser la production de déchets, d’autres avenues sont envisagées. Parmi celles-ci se trouvent la production de GNR à partir de biomasse forestière résiduelle, abondante au Québec, ou par la combinaison d’hydrogène vert avec du CO2 provenant de fumées industrielles par exemple ou tout simplement de l’atmosphère. Fait intéressant ici, cette dernière approche permet de réutiliser du CO2 directement pour produire le GNR et de participer à l’effort de réduction des GES dès la production du GNR.

Disponibilité et achat

La production de GNR est une filière énergétique naissante au Québec mais les efforts gouvernementaux pour son développement reflètent bien l’importance de son rôle dans la transition énergétique. Aussi, alors qu’un seul projet n’était en opération au Québec en 2017, on compte en 2020 trois usines opérationnelles et 14 projets en cours de développement. À cela s’ajoutent des volumes de gaz naturel renouvelable provenant de producteurs situés dans des régions limitrophes au Québec. En bref, bien que la demande surpasse aujourd’hui largement l’offre, la disponibilité du GNR augmente rapidement et saura de plus en plus répondre à un réel besoin en matière d’énergie verte.

Certaines personnes se demanderont comment il est possible de s’assurer que le GNR acheté est en réalité « livré » à la bonne adresse. C’est une excellente question et il faut alors comprendre qu’il s’agit d’un mécanisme virtuel. Prenons l’exemple du guichet automatique et supposons que nous déposons 20$ à Québec et retirons 20$ à Montréal, il ne s’agira pas du même 20$ physique mais ce 20$ nous appartient tout de même. C’est le même principe avec le GNR : vous faites en sorte que cette quantité de gaz renouvelable soit injectée dans le réseau de distribution existant et que la réduction correspondante de GES vous soit attribuée.

Un client intéressé à se procurer du GNR est aujourd’hui inscrit sur une liste d’attente. Les volumes de GNR disponibles sont alors attribués selon cette liste, en commençant par le haut de la liste et en attribuant à chacun des clients inscrits une tranche de 50 000 m3/an de GNR. Arrivé au bas de la liste, retour au début pour une deuxième tranche de 50 000 m3/an, au rythme de la disponibilité, et ainsi de suite jusqu’à ce que les clients sur la liste aient atteint la quantité souhaitée.

Le GNR dans le cadre du DÉI

Les participants au DÉI qui désirent réduire leurs émissions de GES par l’achat de GNR, couvrant une partie ou la totalité de leur consommation, le peuvent. Un document décrivant les étapes à suivre dans la plateforme Energy Star Portfolio Manager (ESPM) sera déposé sous peu dans la Zone Participants du site web du DÉI.

 

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